le 16 juillet 2026 à 11:53 AM #SDGBS EP 09 | DSI Armée de Terre : « Il est crucial d’avoir un intermédiaire comprenant les problématiques des deux côtés, Armée de Terre et interarmées, dans un monde numérique en transformation »​

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#SDGBS EP 09 | DSI Armée de Terre : « Il est crucial d’avoir un intermédiaire comprenant les problématiques des deux côtés, Armée de Terre et interarmées, dans un monde numérique en transformation »
suzel.barrios
jeu 16/07/2026 – 11:18

La sous-direction Guichet, Besoins et Services Numériques (SD GBS) est l’interface entre les Directions des Systèmes d’Information (DSI) du ministère et le Commissariat au Numérique de Défense (CND). Véritable boussole du CND, elle oriente et optimise l’offre de service en la rendant cohérente et adaptée aux besoins des Armées, Directions et Services.

Numérique
Armée de Terre

La lieutenant-colonel Maëlle, chargée des DSI de l‘armée de Terre, et le lieutenant-colonel Guilhem, affecté au Bureau Numérique de l’Armée de Terre, nous racontent la relation entre le CND et l’armée de Terre.

  • Pourriez-vous vous présenter ? 

LCL Guilhem : Officier saint-cyrien spécialisé dans les transmissions militaires, j’ai effectué une première partie de carrière en régiment de transmissions puis au sein d’organismes de la Direction des systèmes d’information et des réseaux d’infrastructures (DIRISI) du Ministère, et enfin en état-major opérationnel. Après une scolarité à l’École de guerre et à CentraleSupélec, j’ai rejoint le bureau numérique de l’État-major de l’armée de Terre à la tête de la section Gouvernance de la DSI de l’armée de Terre. Ma section est responsable du suivi budgétaire, de la maitrise du portefeuille applicatif de la DSI de 120 systèmes d’information, de la mise en cohérence de l’Intelligence Artificielle (IA) au sein de l’armée de Terre, de la communication sur le numérique, et des différentes interactions avec le CND.

LCL Maëlle : officier de l’armée de Terre, j’ai suivi une scolarité au Prytanée avant d’intégrer l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en 2004. A ma sortie d’école, j’ai choisi de servir dans l’arme des transmissions. Au cours de ces vingt dernières années, j’ai eu l’opportunité d’alterner des postes opérationnels au sein de l’armée de Terre (régiment de transmissions, état-major de la 11 brigade parachutiste), dans le soutien et dans la formation (académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, centre de recrutement). Après plusieurs années loin des systèmes d’information et de communication, j’ai rejoint à l’été 2025 le Commissariat au Numérique de Défense pour y animer la relation partenariale avec l’armée de Terre, capitalisant sur la richesse de mon parcours mêlant expériences dans l’interarmes, l’interarmées, entourés de personnels civils et militaires.

  • Quelles sont vos missions ?

LCL Guilhem : A la tête d’une quinzaine de personnes, ma mission consiste à piloter la transformation numérique de l’armée de Terre sous tous ses aspects. Ainsi, il s’agit pour moi, en lien avec les grands commandements et métiers, de mettre en cohérence les moyens techniques, RH et financiers de l’armée de Terre et du Ministère pour répondre aux besoins opérationnels de ces derniers. Au quotidien, cela revient à coordonner et échanger avec de nombreux services et équipes.

LCL Maëlle : avec l’appui des deux collaborateurs de mon bureau, ma mission est très claire : appuyer l’armée de Terre pour faciliter ses relations avec les différents services du CND et la conduite de ses projets numériques . Au quotidien, cela se traduit par des points réguliers entre les officiers traitants et chefs de projet de la DSI de l’armée de Terre pour bien comprendre leurs besoins métiers et en devenir l’ambassadrice vers le CND, et les différents experts techniques du CND. De façon très pragmatiques, je centralise et valide toutes les commandes de l’armée de Terre sur les marchés du CND et joue un rôle de coordinateur/facilitateur pour les projets les plus complexes.  

  • Avez-vous un exemple illustrant cette relation partenariale particulière ? 

LCL Guilhem : Nous travaillons sur un projet à enjeu ministériel de rénovation de la fonction recrutement, centré sur la valorisation de la donnée. Ce projet est sous leadership de l’armée de Terre, qui a le rôle d’entité pilote et Responsable de la Conduite du Projet (RCP).

Ce projet était confronté à une problématique technique de communication entre nos réseaux et l’internet non protégé. Le CND nous a appuyé, pour remplir les critères préalables à une mise en service opérationnel, en déployant des ordinateurs depuis son stock et en mettant en place des lignes fixes internet, au sein des Centres d’Information et de Recrutement des Forces Armées (CIRFA) de l’armée de Terre. Le tout en délai contraint, du fait de l’objectif majeur du recrutement de l’armée de Terre, et au-delà des trois armées en général. 

LCL Maëlle : deux exemples d’actualité me viennent en tête. 2026 est une année singulière pour l’armée de Terre, qui a participé à l’exercice majeur interarmées multi-domaines et de haute intensité ORION26 , tout en assurant l’alerte de la composante terrestre pour la force de réaction de l’OTAN (ARF26). La préparation et la réalisation concomitante de ces 2 activités structurantes ont été rendues possibles, pour leur volet numérique, par une relation de confiance et un travail collaboratif du quotidien entre mon équipe et la DSI de l’armée de Terre. Le second exemple concerne un projet très ambitieux d’unification des outils numériques entre les armées pour la fonction recrutement, dont le pilotage a été confié à l’armée de Terre. Ce projet a une réelle portée stratégique, liée notamment à la montée en puissance du service national. C’est pourquoi le rôle de coordination que je porte entre les différents contributeurs du CND et la direction de projet me semble essentielle à la réussite de cet ambitieux projet.

  • Selon vous, quelle est la plus-value apportée par les équipes du CND ?

LCL Guilhem : Le CND fournit la majeure partie du socle technique d’infrastructure numérique. De plus, il maintient celui-ci à l’état de l’art, de façon souveraine, sur l’ensemble du territoire national, y compris en Outre-Mer, et jusqu’aux théâtres d’opération.

Par ailleurs, le CND met au service de tous des compétences techniques et RH qualifiées, au travers des centres nationaux (de développement, d’hébergement, d’administration des systèmes et réseaux,…), mais aussi grâce au soutien de proximité, jusqu’au plus près de l’utilisateur, au travers de son organisation zonale et locale.

Enfin, l’infostructure et l’infrastructure du CND sont une partie du socle de la transformation numérique de l’armée de Terre, sur des sujets déterminants comme l’hébergement des données ou le développement de l’IA.

LCL Maëlle : j’en identifie 4 toutes aussi importantes : 

  1. son expertise technique, qui permet d’orienter les directions de projets et d’anticiper les évolutions technologiques ;
  2. la cohérence d’ensemble qu’il apporte comme opérateur numérique ministériel ;
  3. les capacités numériques qu’il délivre (sécurisées, résilientes, performante et intégrant les enjeux de souveraineté) ;
  4. la bonne compréhension des besoins métiers des armées, que permet la richesse des profils qui composent les équipes du CND (personnel civil et militaire issu de toutes les armées).
  • Le mot de la fin ?

LCL Guilhem : Il est crucial pour nous d’avoir un intermédiaire comprenant les problématiques spécifiques de chacun, à savoir l’armée de Terre et le niveau interarmées, dans un monde numérique en constante transformation pour répondre toujours mieux au besoin des métiers. 

Pour finir, après une première année de relation avec le CND, nous devons capitaliser pour « transformer l’essai ». En langage plus proche du terrain, le temps 1 ayant été accompli, nous passons au temps 2 de la manœuvre.

LCL Maëlle : mon affectation au CND à l’été 2025 a été pour moi un réel challenge très enrichissant d’un point de vue technique mais aussi et surtout humain. Ayant quitté le milieu numérique depuis des années, il a fallu que j’actualise mes connaissances technologiques et que j’appréhende l’organisation et les processus d’un CND en pleine mutation. Pour cela, j’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer (et je le fais encore au quotidien) sur les experts hors pair et particulièrement investis du CND, sur les compétences et la disponibilité de mes camarades gestionnaires de compte, sur les conseils et la bienveillance de mes chefs et enfin sur les échanges toujours constructifs avec le BNUM de l’armée de Terre. Les années à venir marquées par les enjeux de l’armée de Terre centrés notamment sur l’IA et la donnée me permettront de jouer pleinement mon rôle d’intermédiaire et d’aider à faire avancer ses projets.

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