Republié via Innoreader Lire la Suite
Du 10 au 16 août 2026, un détachement de sapeurs français du bataillon multinational de l’OTAN a conduit l’exercice LION RAMPANT aux côtés de membres de la ligue de défense estonienne, dans le district de Järva. Cet entraînement associait cinq chantiers à l’étude des mines antichars estoniennes afin de renforcer l’appui à la mobilité, la contre-mobilité et la protection.

En matière d’appui à la mobilité, la réalisation de deux ouvrages a répondu à des besoins complémentaires. À Eivere Lasketiir, Français et Estoniens ont mis en œuvre un des savoir-faire de la ligue de défense estonienne en assemblant un running bridge de 70 mètres. Constitué de modules en bois fixés à un câble métallique, l’ouvrage permet d’ouvrir rapidement un passage sans dépendre des points de franchissement existants, préservant ainsi la liberté de manœuvre. À Nurmsi, l’entraînement à la construction d’un pont piéton en bois de six mètres a apporté une solution pérenne pour le passage des personnels à pied.
En parallèle de ces ouvrages, les sapeurs ont également travaillé sur des dispositifs de contre-mobilité. Ils se sont exercé à installer puis retirer sur la piste de l’aérodrome de Nurmsi, six lignes d’obstacles de 100 mètres formées de rochers reliés par une chaîne. En opération, ce dispositif réversible permet d’interdire temporairement la piste aux aéronefs ennemis avant sa réouverture aux forces alliées. Les sapeurs français ont aussi étudié les mines antichars estoniennes. La ligue leur en a présenté l’emploi, la neutralisation et la destruction, en tenant compte des risques de piégeage.
Sur le même site, Français et Estoniens ont mis en œuvre deux dispositifs complémentaires de protection. Ils ont enfoui deux bunkers préfabriqués en béton ayant pour limiter les effets de l’artillerie, et réalisé un tunnel de 150 mètres, couvert d’épais filets tendus sur des poteaux pour protéger le passage de personnels et des matériels de l’action des drones ennemis.
« L’exercice a permis de sortir des sentiers battus et d’explorer de nouvelles solutions », souligne le lieutenant Quentin, chef de la section française de combat du génie. Les savoir-faire éprouvés ont consolidé l’interopérabilité franco-estonienne face aux exigences du combat de haute intensité. À son échelle, cet entraînement contribue à rassurer les partenaires par une coopération concrète, à dissuader par la maîtrise de capacités adaptées et à être en mesure de défendre le territoire allié grâce à une préparation opérationnelle partagée.
Depuis mars 2017, la France déploie un dispositif de présence dite avancée renforcée (eFP – enhanced Forward Presence) dans les pays Baltes de l’OTAN. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la posture défensive de l’Alliance sur le flanc est. La contribution de la France à l’eFP, est constituée d’un Sous-groupement tactique interarmes (SGTIA), déployé en Estonie et intégrée au sein du bataillon multinational de l’OTAN en Estonie dont le Royaume-Uni est la nation-cadre. A la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le président de la République a renforcé la contribution française au dispositif eFP en adaptant son offre capacitaire. Depuis, elle est constituée de près de 300 militaires, toujours sous mandat eFP OTAN et au sein du Battlegroup britannique à Tapa. Ce nouveau Battlegroup constitué de 2 nations, reste sous le commandement de la 1ère brigade estonienne. Doté de véhicules de dernière génération, le SGTIA apporte une plus-value conséquente par sa nature interarmes. Cette mission, conjuguée aux déploiements de la CIL (compagnie d’infanterie légère), illustre l’engagement dans la durée des armées françaises sur le flanc oriental de l’Alliance.


