le 25 septembre 2026 à 4:07 PM Étape 2 : Alaska, le rendez-vous des Rafale, F-35 et F-22 aux portes du Pacifique​

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Direction : Opérations / Publié le : 22 septembre 2026

Les Aviateurs de la mission Pégase 26 ont profité des vastes espaces aériens nord-américains, et notamment d’une zone d’entraînement comparable, par sa superficie, aux dimensions du territoire français. Ce terrain d’évolution conséquent a permis la réalisation de vols à basse altitude, de missions articulées autour de scénarios de basic fighter maneuvers (BFM) et du ravitaillement en vol.

PEGASE – ALASKA

Pour les équipages français déployés à Eielson Air Force Base (EAFB) au cœur de l’Alaska , cette étape a été l’occasion de se mesurer aux F-35 Lightning II et F-22 Raptor de l’US Air Force (USAF – force aérienne des États-Unis), des chasseurs aux capacités parmi les plus modernes. « On adapte notre combat par rapport à eux. On essaie de les emmener dans des points de domaine qui nous sont favorables et ainsi tirer la quintessence du Rafale », indique le capitaine Valentin, navigateur officier systèmes d’armes, au sujet des BFM réalisées avec l’US Air Force. Lors de ce type de mission, les pilotes cherchent à prendre puis à conserver l’avantage tactique sur leur adversaire à travers une succession de manœuvres. Face à un F-35, c’était une grande première pour le capitaine Nicolas, pilote de Rafale. Outre l’intérêt pour lui, de découvrir les capacités d’évolution de cet appareil, il retient surtout la rapidité avec laquelle les Aviateurs français et américains parviennent à travailler ensemble : « Après onze heures de convoyage depuis Istres, nous arrivons en Alaska et, dès le lendemain, nous sommes déjà prêts à conduire des missions conjointes. Très vite, les automatismes se mettent en place et une relation de confiance s’installe ». Cette aptitude à évoluer de concert se traduit concrètement dans le ciel : les équipages peuvent se ramener mutuellement au posé et opérer à des vitesses de transit et d’évolution similaires. « Nos avions n’ont pas les mêmes couleurs, pas les mêmes capacités, mais on est parfaitement interopérables », souligne le capitaine Valentin.

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Le cadre dans lequel se déroulent ces entraînements constitue lui aussi un atout majeur. L’Alaska offre un espace aérien unique et une liberté d’évolution exceptionnelle. Le général Julien Sabéné, chef de mission Pégase 2026 en précise les spécificités. « Ici, les équipages bénéficient de vastes zones quasiment dépourvues de constructions ou d’obstacles artificiels, avec peu de contraintes liées aux nuisances sonores. C’est une vraie plus-value pour notre préparation opérationnelle. Nous prévoyons d’ailleurs de revenir pour l’exercice Red Flag ». Ces conditions permettent notamment la réalisation de séquences à basse altitude, offrant aux équipages un cadre d’entraînement aussi exigeant que singulier. « J’accumule 4 500 heures de vol, mais les paysages traversés figurent parmi les plus beaux que je n’ai jamais vus », relate le capitaine Valentin, évoquant notamment les vallées glaciaires et leurs eaux aux teintes bleu laiteux.

Véritable atout pour l’élongation et la bonne réalisation des missions des chasseurs français, un A330 MRTT a également assuré les ravitaillements en vol des F-22. Pour l’armée de l’Air et de l’Espace, ces interactions demeurent rares : il ne s’agit que de la deuxième occurrence de ce type. Particularité pour nos opérateurs de ravitaillement en vol, les Air Refueling Operators (ARO) : le transfert de carburant s’effectue ici par « boom », c’est-à-dire par le point central. Contrairement au ravitaillement par pods en bout d’aile, où c’est le pilote de Rafale qui vient chercher le panier avec sa perche, c’est ici la dextérité de l’opérateur qui est mise à l’épreuve. À l’aide de deux manettes, il guide le boom avec précision jusqu’au réceptacle situé sur l’arête supérieure du chasseur américain. Pour le major Cyril, ARO, le F-22 appelle une attention particulière. « C’est un avion très stable, mais qui demande beaucoup de précision. Il ne pardonne pas les erreurs. Il faut éviter tout contact qui pourrait endommager son revêtement et affecter ses caractéristiques de furtivité », témoigne-t-il. L’environnement alaskien constitue également une donnée à intégrer dans la conduite des missions. Dès la montée et pendant le transit vers la zone de ravitaillement, les équipages peuvent traverser des couches givrantes. « Le risque, c’est d’avoir du givre sur le boom, ce qui pourrait nous empêcher de délivrer du carburant.»

À l’issue de cette étape américaine, les Aviateurs de la mission Pégase 26 ont pris la direction du Japon le 13 septembre.

PEGASE -ALASKA
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