Republié via Innoreader Lire la Suite
Du 7 au 20 septembre 2026, environ 2 500 militaires ont participé à l’exercice multinational STRONG GRIFFIN, organisé par la brigade d’infanterie lituanienne GRIFFIN, en Lituanie. La France y participait pour la première fois avec plus de 80 artilleurs de la batterie d’acquisition feu (BAF), déployés en appui du bataillon multinational de l’OTAN en Estonie. Objectifs : développer l’interopérabilité entre les artilleurs et poursuivre la coopération franco-lituanienne.
Placés pour l’occasion sous le commandement du 24e bataillon d’artillerie lituanien, les artilleurs français ont fourni l’appui-feu de la brigade lituanienne avec deux camions équipés d’un système d’artillerie (CAESAR) et quatre mortiers embarqués pour l’appui au contact (MEPAC). Déployés pour la première fois en Lituanie, les MEPAC ont complété l’action des CAESAR pendant les séquences de tir. Pour l’acquisition des objectifs, la BAF disposait de deux drones DT46, d’un drone PARROT MKIII et d’un radar MURIN monté sur un véhicule blindé GRIFFON. Près de 200 obus ont été tirés au cours de l’exercice, de jour comme de nuit.
La coopération s’est notamment concrétisée par la constitution d’équipages mixtes sur CAESAR pour sensibiliser les artilleurs lituaniens à ce système, qu’ils recevront prochainement. À cet effet, deux artilleurs lituaniens ont été intégrés sur chacune des pièces françaises. Le lieutenant Thomas, chef de section CAESAR français, et le lieutenant Ignas, son homologue lituanien, après avoir suivi ensemble une année de formation à l’École d’artillerie, se sont retrouvés sur le camp de Pabradé. Leur contribution à l’exercice a facilité les échanges entre les deux sections. « En ce qui concerne la coopération entre les soldats lituaniens et les équipages CAESAR français, je peux dire qu’il y a eu instantanément un lien d’amitié, de la compréhension et du respect mutuel », a souligné le lieutenant Ignas.
En amont des tirs, les artilleurs français et lituaniens ont harmonisé leurs procédures et testé le système Artillery Systems Cooperation Activities (ASCA). Ce système d’interopérabilité de l’OTAN, utilisé par une vingtaine de pays alliés, permet aux systèmes nationaux de conduite des feux de communiquer entre eux. Lors de l’exercice, les systèmes français et lituaniens ont ainsi échangé des missions de tir. Concrètement, les données d’une cible détectée par un capteur lituanien pouvaient être transmises automatiquement à un canon français pour son traitement
Contribution française au bataillon multinational de l’OTAN en Estonie sous commandement britannique
Depuis mars 2017, la France déploie un dispositif de présence dite avancée renforcée (enhanced Forward Presence – eFP) dans les pays baltes de l’OTAN. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la posture défensive de l’Alliance sur son flanc est. La contribution française à l’eFP est constituée d’un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA), déployé en Estonie et intégré au sein du bataillon multinational de l’OTAN en Estonie, dont le Royaume-Uni est la nation-cadre. À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le président de la République a renforcé la contribution française au dispositif eFP en adaptant son offre capacitaire. Depuis, elle est constituée de près de 300 militaires, toujours sous mandat eFP de l’OTAN et au sein du Battlegroup britannique à Tapa. Ce Battlegroup, constitué de deux nations, reste sous le commandement de la 1re brigade estonienne. Doté de véhicules de dernière génération, le SGTIA apporte une plus-value significative par sa nature interarmes
