Republié via Innoreader Lire la Suite

12 juillet : la Nation et les Armées honorent la mémoire d’Alfred Dreyfus
benoit.zambeaux
jeu 16/07/2026 – 11:50
À l’occasion de la toute première Journée nationale commémorative dédiée au capitaine Alfred Dreyfus, le ministère des Armées vous invite à pousser les portes de l’École militaire. Dans la cour Morland, là où le destin de l’officier a basculé, l’historien Vincent Duclert éclaire les ressorts d’une mémoire restaurée.
C’est une date appelée à s’inscrire durablement dans le calendrier républicain. Ce 12 juillet 2026 marque la première célébration de la Journée nationale commémorative en l’honneur d’Alfred Dreyfus, et plus globalement « la victoire de la justice et de la vérité contre la haine et l’antisémitisme ».
Si le choix de cette date fait écho au jour de la disparition de l’officier en 1935, elle commémore avant tout le 12 juillet 1906 : le jour où la Cour de cassation proclamait son innocence totale, mettant un terme à l’une des plus graves erreurs judiciaires de l’histoire de France.
L’École militaire, témoin de l’histoire et de la mémoire
Pour accompagner cette première journée nationale, le ministère propose un éclairage mémoriel filmé au sein même de l’École militaire, à Paris. C’est dans la solennité de la cour Morland que le capitaine Dreyfus, ingénieur diplômé de l’École polytechnique injustement accusé d’espionnage, est publiquement dégradé devant les troupes le 5 janvier 1895.
© Alexis Rosset / SGA Com
Afficher la transcription
Vidéo dans laquelle Vincent Duclert, historien rattaché à l’EHESS et au CNRS, spécialiste de l’affaire Dreyfus, revient face caméra sur la journée du 5 janvier 1895, où le capitaine Dreyfus fut dégradé devant le front des armées, cour Morland, au cœur de la cour d’honneur de l’Ecole militaire.
Vincent Duclert, chercheur rattaché à l’EHESS et au CNRS et biographe d’Alfred Dreyfus, retrace les minutes poignantes de cette matinée d’hiver où les insignes et le sabre de l’officier furent brisés. En arpentant ce lieu historique, l’historien met en perspective la gravité de l’injustice commise et met en lumière le long cheminement qui conduit à la reconnaissance de son innocence. Cette réhabilitation se concrétise le 12 juillet 1906 avec l’arrêt de la Cour de cassation, puis quelques jours plus tard, le 20 juillet, lorsqu’Alfred Dreyfus est fait chevalier de la Légion d’honneur dans la cour de l’École militaire.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des hommages successifs de l’institution, à l’image de la cérémonie du 12 juillet 2006 au cours de laquelle le président Jacques Chirac avait salué la mémoire du capitaine dans la cour d’honneur de ce même établissement.
Une mémoire désormais pleinement reconnue
Aujourd’hui, cette journée nationale revêt une résonance particulière pour le ministère des Armées. Cette première journée nationale intervient quelques mois après l’adoption de la loi du 17 novembre 2025, par laquelle le Parlement a élevé Alfred Dreyfus, à titre posthume, au grade de général de brigade. En honorant la mémoire d’Alfred Dreyfus, le ministère des Armées rappelle son attachement aux principes de vérité, de justice, d’égalité et de lutte contre toutes les formes d’antisémitisme et de discrimination, qui fondent l’engagement de ses personnels au service de la République.
