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14 Juillet 2026 : quelles unités de l’armée de Terre défilent ?
touria.bali
ven 10/07/2026 – 10:19
Pour l’édition 2026, le défilé du 14 juillet incarne le réveil stratégique de l’Europe en accueillant 36 nations étrangères et plus de 6 000 soldats. Il vise à illustrer de façon schématique la configuration du champ de bataille avec, pour manœuvre inédite, une synchronisation entre les troupes au sol et l’appui aérien.
Troupes à pied, défilé motorisé, appui aérien, l’armée de Terre présente un éventail capacitaire complet, organisé comme un déploiement opérationnel. Le défilé n’est pas seulement une parade militaire, il permet à la population de comprendre comment les unités se coordonnent sur le terrain, depuis les postes de commandement jusqu’au soutien, en passant par le combat, l’appui, le renseignement et la logistique.
Les troupes mises à honneur
Pour l’édition 2026, les troupes mises à l’honneur pour le défilé militaire reflètent l’engagement des forces terrestres françaises sur le Flanc Est de l’Europe, il s’agit du 501erégiment de chars de combat (501e RCC) et du 3e régiment d’artillerie de marine (3e RAMa).
Représentant le bataillon multinational de l’OTAN en Roumanie, le 501e RCC est l’un des cinq régiments blindés de l’armée de Terre équipés du char Leclerc. Héritier du premier assaut blindé de l’histoire, mené en 1917 à Berry-au-Bac, il est spécialisé dans le combat blindé, l’action antichar et la reconnaissance embarquée. Dans le cadre du programme Scorpion, il rénove ses chars Leclerc en version XL-R et DCL-R.
Représentant le bataillon multinational de l’OTAN en Estonie, le 3e RAMa est l’un des plus anciens régiments d’artillerie. Son étendard est l’un des plus décorés avec douze noms de batailles. Il appuie la manœuvre terrestre par le renseignement, l’observation et les feux, grâce à ses capacités d’acquisition, ses canons caesar, ses mortiers embarqués mepac et ses moyens de défense sol-air à très basse altitude.
Les troupes étrangères invitées
Près de 500 militaires issus des pays membres de la « coalition des volontaires » ouvriront le défilé aux côtés des soldats français. Plus de 30 nations seront ainsi représentées sur les Champs-Élysées, une première dans l’histoire du défilé militaire français. Cette participation témoigne de l’unité et de solidarité de l’Europe face aux défis sécuritaires actuels.
Les pays présents sont les suivants :
- Albanie, Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Monténégro, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Ukraine.
Les unités composant le défilé des troupes à pied
Les écoles de formation
Issue de la Révolution française et militarisée par Napoléon en 1804, l’Ecole Polytechnique, surnommée « l’X », forme des cadres scientifiques de haut niveau au service de l’intérêt général. Elle conserve une forte tradition militaire, portée par sa devise, son drapeau et son engagement au service de la Nation.
- L’École spéciale militaire de Saint-Cyr est l’une des trois écoles de formation des officiers de l’armée de Terre. Elle a pour mission de former les officiers issus du concours des grandes écoles. Pendant trois ans, les officiers élèves reçoivent une formation militaire exigeante et un enseignement académique pluridisciplinaire.
- L’École militaire interarmes (EMIA) assure la formation initiale des officiers recrutés par la voie interne dans le corps des sous-officiers et des engagés volontaires de l’armée de Terre. Ils reçoivent une formation militaire et un enseignement académique de haut niveau. Elle prépare ses élèves à exercer des responsabilités de commandement au sein des unités opérationnelles de l’armée de Terre.
- L’École militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC) forme les officiers sous contrat et les officiers de réserve. Sélectionnés après un parcours dans l’enseignement supérieur, ils suivent une formation militaire d’un an, centrée sur l’engagement et la singularité du métier des armes avant d’intégrer une école d’application puis d’être affectés en unité.
- L’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) forme les sous-officiers de l’armée de Terre. Chaque année, plus de 8 000 élèves y sont instruits, qu’ils soient issus du recrutement direct ou de la promotion interne. Elle constitue l’école de référence pour la formation des sergents.
- L’Écoles militaires préparatoire technique de Bourges (EMPT) accompagne dès l’âge de 16 ans, des apprentis militaires dans plusieurs filières techniques : maintenance aéronautique, maintenance des véhicules, cybersécurité, informatique, réseaux, électronique et sciences industrielles. À l’issue de l’obtention de leur baccalauréat, les élèves peuvent intégrer directement l’ENSOA.
La 2e brigade blindée au cœur du défilé
Héritière de la 2e division blindée du général Leclerc, la 2e brigade blindée (2e BB) est une brigade de choc, capable d’intervenir dans un cadre interarmes, interarmées et multinational. Installée à Strasbourg, elle combine puissance de feu, mobilité, protection et agilité pour s’engager dans les opérations les plus exigeantes.
Le saviez-vous ?
Une brigade interarmes regroupe plusieurs capacités complémentaires, organisées autour de trois grands blocs : le combat au contact, l’appui et le soutien.
Le bloc mêlée sera représenté par :
- Le 92e régiment d’infanterie, surnommé le régiment des « Gaulois ». Dotée de véhicules blindés de combat d’infanterie, il mène des missions offensives, défensives et de sûreté au plus près de l’ennemi. Il combine mobilité, protection et puissance de feu.
- Le 12e régiment de cuirassiers, régiment de cavalerie blindée. Equipé de chars Leclerc rénovés et de véhicules blindés légers, il dispose d’une forte capacité de manœuvre, d’une grande protection et d’une importante puissance de feu. Conçu nativement pour le combat de haute intensité, le régiment se renouvelle en permanence afin de s’adapter à la guerre moderne et à ses évolutions
- La 4e brigade d’aérocombat, spécialisée dans le combat aéroterrestre. Elle conçoit et conduit des manœuvres dans un cadre interarmées et interalliés. Grâce à ses hélicoptères Tigre, Caïman, Cougar et Gazelle, elle peut être projetée en urgence sur tous les théâtres et dans tous les milieux afin d’agir dans la profondeur du champ de bataille.
Le bloc appui sera représenté par :
Le 40e régiment d’artillerie, régiment d’appui-feu de la 2e brigade blindée. Il coordonne et délivre des feux sol-sol et sol-air, grâce à des moyens d’observation, des drones, des radars, des canons caesar, des mepac et des systèmes mistral pour traiter les objectifs terrestres dans la profondeur et protéger la brigade face aux diverses menaces aériennes.
Le 13e régiment du génie, appui du combat blindé par ses capacités de franchissement, de déminage, de brèchage et d’ouverture d’itinéraires. Toujours à l’avant, il facilite la progression des forces, protège leur déploiement et peut créer des obstacles pour freiner l’adversaire. Il est le seul régiment de l’armée de Terre à détenir des capacités de franchissement d’assaut (système de pose rapide de travures) et d’ouverture d’itinéraire piégé (système d’ouverture d’itinéraire miné)
Le 44e régiment de transmissions, spécialisé dans la guerre électronique. Intégré à la brigade de renseignement et cyber-électronique, il produit du renseignement d’origine électromagnétique au profit des forces engagées et des autorités militaires.
Le régiment de cyberdéfense, premier régiment créé dans l’armée de Terre depuis 40 ans. Il intègre toutes les composantes rares de la sécurité numérique de l’armée de Terre (SSI, LID, chiffrement, résilience). Son objectif est de repousser les menaces cybernétiques dès la conception des systèmes d’information et de les protéger une fois déployés.
Le bloc soutien est représenté par :
- Le 503e régiment du train, garant de la logistique des forces. Il transporte les ressources, ravitaille les unités en carburant et munitions, déplace les blindés et contribue à la circulation des convois sur les théâtres d’opérations. Il arme notamment les échelons de soutien nationaux à l’Est de l’Europe et prend régulièrement des alertes, comme l’Allied Reaction Force (ARF) en 2026. En septembre 2025, il a notamment été au cœur de l’opération de signalement stratégique brigade expansion.
- Le 8e régiment du matériel, responsable du maintien en condition opérationnelle des équipements terrestres. Il intervient sur les véhicules, les engins du génie, des groupes électrogènes, ainsi que l’approvisionnement en rechanges et matériels complets. Sa complémentarité civils-militaires lui permet de projeter jusqu’à 500 militaires en permanence, garantissant ainsi une capacité opérationnelle optimale.
- Le régiment médical (RMED), spécialisé dans le déploiement, l’armement et la protection des unités médicales opérationnelles du Service de santé des armées. Il assure la prise en charge des blessés, l’évacuation sanitaire, le soutien chirurgical de campagne et la réponse aux risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.
La Légion étrangère
Éléments emblématiques du défilé du 14 Juillet, les pionniers de la Légion étrangère incarnent la tradition du soldat bâtisseur. Leurs tabliers, haches, gants et barbes rappellent l’héritage des sapeurs qui ouvraient autrefois la route.
Le saviez-vous ?
Héritage des armées napoléoniennes, les pionniers portent tous la barbe. N’ayant pas le temps nécessaire pour se raser, les sapeurs ouvrant la route à la colonne avaient l’autorisation de porter la barbe.]
- La musique de la Légion étrangère, qui accompagne traditionnellement les légionnaires sur les Champs-Élysées. Connue pour interpréter le « Boudin », chant de marche emblématique de la Légion étrangère, elle rassemble des musiciens issus des cinq continents, dont certains ont fréquenté les plus grands conservatoires. Combattants avant tout, formés aux métiers des armes, ils peuvent également être engagés en opération.
- Le 1er régiment étranger de génie, appuie les forces terrestres par ses capacités de mobilité, de contre-mobilité et d’aide au déploiement d’urgence. Il intervient notamment dans le déminage, l’ouverture d’itinéraires, les opérations subaquatiques, le combat fluvial et l’appui aux opérations amphibies.
Le défilé motorisé de l’armée de Terre
Les véhicules de l’armée de Terre défilent selon une logique opérationnelle, dans leur ordre théorique de déploiement sur un théâtre d’opérations :
- Le Commandement des actions spéciales Terre ouvre la voie. Il regroupe les unités capables d’intervenir en premier sur un théâtre d’opérations. Il agit dans les champs matériels et immatériels, notamment au profit des opérations spéciales, du renseignement, de la cyberdéfense et de l’influence militaire. Il sera représenté par le CIAE (centre interarmées des actions sur l’environnement).
- Le 1er Corps d’armée, plus haut niveau de commandement de l’armée de Terre et immédiatement projetable, il coordonne les grandes opérations terrestres dans un cadre interarmées, multinational et multidomaines.
- Le commandement des actions dans la profondeur et du renseignement (CAPR) permet aux unités d’agir dans la profondeur du champ de bataille, entre 50 et 500 kilomètres au-delà de la ligne de front. Il réunit les capacités de la boucle renseignement-acquisition-feu pour frapper les centres de gravité adverses et façonner l’adversaire avant le contact.
Il sera représenté par le 2e régiment de hussard (2e RH), spécialiste du renseignement humain et unique unité en capacité de franchir une coupure humide de façon autonome grâce aux véhicules blindés légers de recherche dans la profondeur.
Suivi du 61e régiment d’artillerie, spécialiste du renseignement image, surnommé « les yeux de l’armée de Terre ». Il exploite les données issues de drones, de satellites ou d’aéronefs pour appuyer le ciblage, l’acquisition d’objectifs et l’évaluation des frappes.
- L’Etat-Major de la 1er division, échelon majeur de commandement du combat terrestre de haute intensité, il planifie, coordonne et conduit l’engagement de ses brigades, de l’Europe à la Méditerranée. Il commande le défilé motorisé du 14 juillet 2026.
- L’Etat-Major de la 9e brigade d’infanterie de Marine (9e BIMa), forte de 10 000 soldats d’active et de réserve, cette grande unité est dotée des équipements et véhicules du programme scorpion et se distingue par une capacité amphibie.
- Les chefs de corps et emblèmes suivront le cortège regroupés dans un même ensemble, symbolisant le commandement.
Les unités de la 9e BIMa défileront ensemble :
- Le 1er régiment d’infanterie de Marine (1er RIMa), spécialisé dans l’engagement blindé et la manœuvre interarmes, il est la composante de combat de l’armée de Terre. Il innove notamment dans l’emploi de drones de contact, intégrant des capacités de renseignement, d’attaque et de munitions téléopérées.
- Le 2e régiment d’infanterie de Marine (2e RIMa), expert des missions d’infanterie en milieu hostile, à pied comme embarqué sur Griffon. Dans le cadre du partenariat stratégique franco-belge, il défile avec des Griffon de l’école d’infanterie belge. Le régiment développe également des savoir-faire dans l’emploi des drones et la lutte anti-drones.
- Le régiment d’infanterie chars de Marine (RICM), unité de cavalerie blindée, il est chargé de créer le choc par l’engagement de ses engins blindés de reconnaissance Jaguar, de ses pelotons missiles et de ses drones de contact.
- Le 11e régiment d’artillerie de Marine (11e RAMa), coordinateur des feux d’appui d’artillerie, aériens, navals et de défense sol-air, il est équipé notamment de canons caesar, de Griffon VOA, de missiles mistral et de VAB ARLAD dédiés à la lutte anti-drones.
- Le 6e régiment du génie (6e RG), chargé d’appuyer les forces engagées par l’ouverture d’itinéraires, le franchissement, la destruction d’obstacles, le minage, le déminage et les travaux d’infrastructure. Spécialisé dans les opérations amphibies, il soutient les débarquements tactiques.
Les unités seront suivies par un bloc du Commandement de l’appui terrestre numérique et cyber (CATNC). En agissant au cœur de la manœuvre interarmes, il délivre les systèmes numériques de commandement des opérations. Il sera représenté par le 41e régiment de transmissions (41e RT), spécialiste de la mise en œuvre des réseaux radio, satellitaires ou informatiques.
Les régiments du commandement de l’appui et de la logistique de théâtre (CALT) clôtureront le défilé motorisé.
Le CALT commande, à différents niveaux, l’ensemble des sous-fonctions logistiques : la maîtrise des mouvements en entrée de théâtre, l’appui spécialisé au déploiement, la protection, le soutien aux combattants (incluant le soutien médical), la gestion des approvisionnements et le maintien en condition opérationnelle des matériels.
Il est représenté par 4 régiments :
- Le 515e régiment du train (515e RT) dont les missions principales couvrent le ravitaillement des grandes unités, l’appui des mouvements tactiques en zone arrière, ainsi que le soutien des opérations amphibies au sein d’un groupement tactique embarqué.
Le régiment médical (RMED), acteur clé dans le soutien médical des forces armées françaises, il a pour mission principale de déployer, armer et protéger les unités médicales opérationnelles du Service de santé des armées.
Le 19e régiment du génie, il assure l’ensemble des missions du génie, du combat et du déploiement lourd. Il réalise des chantiers d’envergure et constitue une unité majeure pour l’ouverture et la fermeture des théâtres d’opérations.
Le 2e régiment du matériel (2e RMAT) qui assure le maintien en condition opérationnelle terrestre (MCO-T) des 3000 matériels majeurs des unités. Sur le plan opérationnel, il peut armer un poste de commandement de zone fonctionnelle de maintenance tout en fournissant des modules de protection et de combat autonome.
Quels véhicules de l’armée de Terre seront visibles lors du défilé ?
Sur l’avenue parisienne, parmi les 300 véhicules des forces armées, l’armée de Terre présentera un large spectre de ses capacités motorisées : véhicules blindés légers, Griffon, Jaguar, Serval, chars Leclerc rénovés XL-R, VBCI, caesar, mepac, systèmes Mistral, VAB arlad, engins de franchissement, ponts flottants motorisés, véhicules logistiques, moyens de communication hydre et kits ghost.
Le défilé aérien de l’armée de Terre
Quatorze aéronefs de l’armée de Terre survoleront les Champs-Élysées. Le 1er régiment d’hélicoptères de combat, basé à Phalsbourg, sera mis à l’honneur.
Équipé d’hélicoptères Tigre, Gazelle et Caïman, le 1er RHC peut déployer un groupement aéromobile complet. Ses missions couvrent la reconnaissance, l’attaque, l’appui-feu, l’héliportage de troupes, les évacuations médicales, le transport logistique et les évacuations de ressortissants.
Le défilé aérien présentera notamment un module d’assaut et d’appui-feu composé d’un Cougar AS 532 et d’un Caïman NH90, ainsi qu’un bloc de reconnaissance et d’attaque avec Tigre et Gazelle.
Pour comprendre et visualiser l’organisation des troupes motorisées par bloc et appartenance de l’arme :
