le 8 janvier 2026 à 6:42 PM Face à janvier 1987, notre hiver fait pâle figure !

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Si l’hiver a l’air bien installé depuis Noël, nous sommes loin des grosses vagues de froid d’il y a une quarantaine d’années. Voici la dernière grande vague de froid du XXᵉ siècle : c’était en janvier 1987 et ceux qui l’ont vécu s’en souviennent encore…

L’hiver 1986-1987 marque le troisième épisode consécutif de froid intense en France. Comme en 1985 et 1986, le pays affronte une nouvelle fois des conditions hivernales exceptionnelles, provoquant les mêmes difficultés de circulation, de ravitaillement et d’approvisionnement énergétique.

Une vague de froid d’origine finlandaise.

 

Une vague de froid d’origine finlandaise

 

Entre le 10 et le 22 janvier 1987, une puissante masse d’air glaciale en provenance de Finlande déferle sur l’Europe de l’Ouest. En s’engouffrant dans la vallée du Rhône, elle déclenche un mistral d’une violence extrême : le 11 janvier à 14h, le vent moyen dépasse les 100 km/h à Marseille, où la température n’excède pas –2 °C, soit un ressenti proche de –15 °C. Le lendemain, le pays grelotte : –33 °C sont relevés à Méribel (1700 m), –22 °C à Mulhouse, –13 °C à Paris et –10 °C à Marseille. Dans la journée, les températures maximales ne dépassent pas –15 °C à Langres et –9 °C à Paris.

 

La France sous la neige

Le 14 janvier, quasiment tout le territoire est recouvert de neige, et les départements du Sud sont frappés de plein fouet. En seulement deux heures, Marseille reçoit 10 cm de neige, un événement rarissime. On mesure de 20 cm à 1 mètre de neige dans le Gard et l’Hérault, 30 cm dans le nord du Finistère et 15 à 20 cm en région parisienne. Les routes deviennent impraticables : 3 000 automobilistes sont bloqués dans l’Hérault et plusieurs centaines à l’est de Paris. Seule la Côte d’Azur et la Corse échappent à ces conditions météorologiques extrêmes.

 

Le 14 janvier 1987 la capitale est ensevelie sous plus de 20 cm de neige. Il faut remonter à la tempête de neige de janvier 1966 pour retrouver un tel spectacle d’une neige poudreuse et très froide recouvrant absolument toutes les artères de Paris, y compris les grandes avenues. photo exclusive meteo-paris.com

 

 

Une paralysie nationale

Les 15 et 16 janvier 1987, la neige continue de tomber sur une grande partie du pays. À Paris, la température reste inférieure à –10 °C en journée, rendant le sel inefficace pour faire fondre la glace. La circulation est quasiment impossible. Face à la situation, Jacques Chirac, alors Premier ministre et maire de Paris, demande le renfort de l’armée pour aider les services municipaux et régionaux. Le président François Mitterrand active quant à lui une cellule de crise nationale, mobilisant les forces armées pour venir en aide aux populations.

Il faut dire que Paris n’avait pas connu une telle accumulation de neige depuis janvier 1966. Dans la capitale comme ailleurs, les rues sont bloquées, les transports à l’arrêt, et les bulldozers sont mobilisés pour dégager les axes principaux.

« À Paris, les bus étaient arrêtés, les trains supprimés, et les trottoirs verglacés. On se chauffait tant bien que mal, les canalisations gelaient. » — Souvenir d’un habitant de Saint-Denis.

 

Le 15 janvier 1987 est l’une des journées les plus froides de l’histoire sur la capitale car la température ne dépasse pas -10° dans l’après-midi… plus de 10 cm recouvre toutes les avenues de Paris ce qui rend la circulation impraticable ! Ici, un bus n’arrive pas à monter les Champs-Élysées et doit être poussé par la police ! Photo meteo-paris.com

 

 

Conséquences économiques et énergétiques

 

Au bout d’une semaine, les effets du froid se font lourdement sentir sur l’économie française. La Loire charrie des glaçons, comme en janvier 1985, et la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux doit être arrêtée en raison d’une panne de la station de pompage. Les coupures d’électricité se multiplient, tout comme les ruptures de canalisations dans les réseaux d’eau.

En Bretagne en Normandie, les paysages sont méconnaissables – comme si le climat des pays scandinaves c’était installé durant près de deux semaines. 

« On n’avait jamais vu ça ! À Brest, la neige tombait sans arrêt, et les routes étaient bloquées pendant des jours. On se déplaçait à pied dans le silence blanc. » — Témoignage d’un habitant du Finistère.

« Les congères atteignaient le haut des clôtures. On faisait fondre la neige pour avoir de l’eau. » — Témoignage d’une habitante du Calvados (Ouest-France, 2017).

 

Vague de froid de janvier 1987  : On essaie de construire un château de neige devant le Mont Saint-Michel – meteo-paris.com

 

 

La fin progressive du froid

Le redoux ne s’amorce que lentement à partir du 22 janvier, et le pays ne retrouve des conditions normales qu’à partir du 3 février. Si cette vague de froid n’a pas provoqué un grand nombre de décès — la plupart des personnes fragiles ayant déjà succombé lors des hivers 1985 et 1986 — elle reste dans les mémoires comme le dernier grand hiver rigoureux du XXᵉ siècle en France.

 

À la fin de la vague de froid, la Seine charrie des glaçons, mais elle ne gèle pas entièrement. C’est d’ailleurs la dernière fois que l’on voit des glaçons parcourir la Seine, et plus aucune autre vague de froid ne sera capable de produire ce spectacle qui paraîtrait aujourd’hui totalement surréaliste. photo meteo-paris.com.

 

 

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Auteur : Guillaume Séchet

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