Republié via Innoreader Lire la Suite
A Tapa, du 28 janvier au 6 février, les soldats français appartenant au sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) ont participé à l’exercice interallié WINTER CAMP. Sous le commandement de la 1re brigade d’infanterie estonienne, cette opération visait à renforcer les compétences du bataillon multinational dans un environnement hivernal exigeant, environnement type du flanc Est de l’OTAN.

Avec des températures descendant jusqu’à -25 degrés et des sols gelés ou marécageux, l’exercice a permis de mettre à l’épreuve la rusticité des soldats, la résilience des matériels et la capacité du SGTIA à maintenir sa manœuvre dans la durée.

Lors de la première phase, les sections françaises ont exploité le milieu forestier pour mener une embuscade anti-char à l’aide de drones. Grâce à des capteurs et des caméras de surveillance, elles ont détecté l’ennemi avant de simuler une attaque avec des drones stabilisés, suivie d’un engagement de drone kamikaze. Cette démonstration a illustré l’intégration croissante des drones dans les opérations interarmes.

Pour la seconde phase, français, britanniques et américains ont manœuvré conjointement face à un ennemi commun. En position défensive, les éléments français ont été relevés par les chars Abrams américains afin de mener une mission de reconnaissance dans une zone boisée, inaccessible aux véhicules blindés. Cette infiltration à pied s’est conclue par un assaut coordonné sur un réseau de tranchées tenu par la force adverse, mettant en lumière l’efficacité de la coopération interalliée.

L’exercice Winter Camp permet donc aux forces françaises déployées en Estonie d’éprouver leurs compétences techniques en milieux hostiles, tout en faisant preuve d’interopérabilité avec les alliés otaniens.

Depuis mars 2017, la France déploie un dispositif de présence dite avancée renforcée (eFP – enhanced Forward Presence) dans les pays Baltes de l’OTAN. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la posture défensive de l’Alliance sur le flanc est. La contribution de la France à l’eFP, est constituée d’un Sous-groupement tactique interarmes (SGTIA), déployé en Estonie et intégrée au sein du bataillon multinational de l’OTAN en Estonie dont le Royaume-Uni est la nation-cadre. À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le président de la République a renforcé la contribution française au dispositif eFP en adaptant son offre capacitaire. Depuis, elle est constituée de près de 300 militaires, toujours sous mandat eFP OTAN et au sein du Battlegroup britannique à Tapa. Ce nouveau Battlegroup constitué de 2 nations, reste sous le commandement de la 1re brigade estonienne. Doté de véhicules de dernière génération, le SGTIA apporte une plus-value conséquente par sa nature interarmes.
