le 12 février 2026 à 5:23 PM Estonie : le camouflage comme élément clé de la survivabilité​

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Direction : Opérations / Publié le : 11 février 2026

Début février à Tapa, les militaires français du sous groupement tactique interarmes ont participé à l’exercice annuel WINTER CAMP. C’est dans des conditions hivernales rigoureuses qu’ils ont développé leurs capacités de dissimulation avant de conduire des manœuvres offensives et défensives.

Estonie – exercice WINTER CAMP

Le camouflage s’impose comme la clé de voûte de la survie en milieu hostile. Dans un exercice à dominante défensive, il conditionne directement la capacité des unités à tenir leur position sans être décelées. Le camouflage vise en premier lieu à réduire la détection visuelle par les moyens adverses terrestres, qu’il s’agisse de chars, de véhicules de reconnaissance ou d’infanterie débarquée. Cette logique s’étend également à la troisième dimension, avec la prise en compte de l’observation aérienne et de la menace drone. Les dispositifs mis en œuvre doivent permettre de se dissimuler aussi bien depuis le sol que depuis les airs. À cela s’ajoute un effort particulier sur la réduction de la signature infrarouge, en limitant les émissions de chaleur provenant des moteurs, des équipements et des personnels. Enfin, un volet électromagnétique complète cette approche globale du camouflage, en visant à réduire les émissions radio et l’utilisation de moyens susceptibles d’être détectés, afin de ne pas révéler le dispositif.

Estonie - exercice WINTER CAMP

Estonie – exercice WINTER CAMP

Les moyens de camouflage employés reposent avant tout sur l’adaptation à l’environnement. Les personnels, les véhicules et les postes de combat sont intégrés au terrain en tenant compte des spécificités locales, mêlant zones enneigées, espaces marécageux et zones boisées. Les tenues, les armes et les équipements sont ajustés en conséquence, combinant différentes teintes pour rompre les silhouettes et éviter toute détection visuelle. Les postes de combat suivent la même logique d’intégration, tandis que les véhicules bénéficient de dispositifs visuels spécifiques, incluant bâches adaptées, matériaux isolants, et utilisation de la neige pour limiter la signature thermique.

Estonie - exercice WINTER CAMP

Estonie – exercice WINTER CAMP

L’objectif est de réduire au maximum la détection par l’ennemi dès la phase de renseignement. En évitant d’être repérées, les unités au sol conservent leur capacité opérationnelle intacte et maintiennent l’initiative. Cette discrétion permet, le moment venu, de déclencher les feux dans les meilleures conditions, sans avoir subi de frappes préalables, qu’elles soient menées par l’artillerie ou des drones.

Estonie - exercice WINTER CAMP

Estonie – exercice WINTER CAMP

Face à ce dernier type de menace, plusieurs niveaux de lutte anti-drone sont appliqués. En complément du camouflage, la lutte active s’appuie sur l’emploi de fusils brouilleurs type NEROD. Les véhicules et positions défensives sont également renforcés par l’emploi systématique de filets et de bâches, afin de compliquer l’action des drones d’observation ou d’attaque.

Le camouflage apparaît ainsi comme une capacité centrale indispensable pour la protection de la force et pour la conduite des missions du battlegroup dans un environnement marqué par la diversification des moyens d’observation et des menaces aériennes.

Depuis mars 2017, la France déploie un dispositif de présence dite avancée renforcée (eFP – enhanced Forward Presence) dans les pays Baltes de l’OTAN. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la posture défensive de l’Alliance sur le flanc est. La contribution de la France à l’eFP, est constituée d’un Sous-groupement tactique interarmes (SGTIA), déployé en Estonie et intégrée au sein du bataillon multinational de l’OTAN en Estonie dont le Royaume-Uni est la nation-cadre. À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le président de la République a renforcé la contribution française au dispositif eFP en adaptant son offre capacitaire. Depuis, elle est constituée de près de 300 militaires, toujours sous mandat eFP OTAN et au sein du Battlegroup britannique à Tapa. Ce nouveau Battlegroup constitué de 2 nations, reste sous le commandement de la 1re brigade estonienne. Doté de véhicules de dernière génération, le SGTIA apporte une plus-value conséquente par sa nature interarmes.

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