le 11 mai 2026 à 6:09 PM Gel, neige, records… les pires Saints de glace qu’a connus la France

Republié via Innoreader Lire la Suite

 

Certaines descentes froides se sont montrées particulièrement marquées durant la période des Saints de glace en France par le passé ! 

 

Célébrés les 11, 12 et 13 mai, les Saints de Glace font parler d’eux chaque année. En effet, Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais ont la réputation d’apporter du froid. Pourtant, rien ne dit qu’une météo froide va s’abattre les 11, 12 et 13 mai. Ces dates ont simplement été retenues par nos ancêtres comme un repère temporel au delà duquel le risque de gel en plaine devient très faible. Autrement dit,  il vaut mieux attendre que le 13 mai soit passé pour semer les plantes les plus sensibles au gel. Cela ne veut donc pas dire qu’il fera forcément froid durant les Saints de Glace, mais simplement que les chances de gel deviennent très minces une fois ces dates passées.

Cette année, les Saints de glace semblent néanmoins bien porter leur nom. Après plusieurs semaines d’une douceur parfois marquée sur la quasi totalité de la France, la fraîcheur a fait son retour avec des températures repassant bien en-dessous des normales de la période et même le retour de quelques gelées localisées et temporaires ce mardi 12 mai au matin sur le nord de la France. 

Si cet épisode de fraîcheur est bien remarqué cette année, notamment en raison de son contraste avec les semaines précédentes, d’autres épisodes encore plus importants se sont toutefois produits par le passé à l’occasion des Saints de glace. 

 

2018 : retour brutal du froid et de la neige en montagne !

Alors que le temps se montrait jusque là très doux et même parfois chaud sur la majorité de la France, le froid a brusquement fait son retour en journée du 12 mai 2018 sur la France. Si on dépassait encore les 25°C en Alsace ou dans certaines vallées Alpines, le thermomètre chutait parfois sous les 10°C en plein coeur de l’après-midi du samedi 12mai 2018 des Pyrénées à la Normandie, en passant par le Limousin. Une chute des températures qui atteignait 10 à 15°C en seulement 24 heures sur ces régions. 

Le lendemain, cette masse d’air froid a envahi les régions de l’Est avec des températures devenant exceptionnellement basses pour la saison, là aussi inférieures à 10°C durant l’après-midi, sur le Centre-Est mais également sur le Languedoc et l’ouest de la Provence. Sur ces secteurs, les maximales sont alors remarquables pour la période, parfois non vues depuis 90 ans, et même inférieures à celles observés en temps normal en plein coeur de la saison hivernale ! À Nîmes, avec seulement 9.2°C au meilleur de la journée, il fallait remonter à 1926 pour trouver trace d’une température plus basse.

Ce fut néanmoins le retour très tardif de la neige en montagne qui fut le plus remarquable durant cet épisode. En effet, celle-ci a fait son retour en abondance dès la basse altitude sur nos reliefs, notamment sur le Massif Central où celle-ci tombait fortement dès 800 m d’altitude. En conséquence, une vigilance orange neige/verglas avait été déclenchée pour 4 départements (Cantal, Haute-Loire, Lozère, Ardèche),  une première en mai en France, celle-ci étant la plus tardive jamais émise pour un risque de neige/verglas. On relevait ainsi quelques centimètres dès 800/1000m d’altitude sur ces secteurs, parfois plus de 50 cm entre Lozère et Ardèche près des plus hauts sommets (1300/1600m).

 

Près de 60cm de neige près du Mont Lozère – 13 mai 2018 – Infoclimat (>>)

 

 

2010 : une fraîcheur marquée et même des gelées ! 

Le 11 mai 2010, de l’air très frais descend de la mer du Nord vers la France, rencontrant de l’air plus doux au niveau de la Loire. Ce conflit provoque la formation d’une zone de pluie qui stationne sur la Haute-Normandie, l’IDF, le nord de la Champagne-Ardenne. Si la fraîcheur est déjà notable en matinée, les températures n’évoluent ainsi pas dans la journée sur ces régions et un record de froid est battu à Paris-Montsouris où le thermomètre ne dépasse pas les 7.6°C au meilleur de la journée (précédent record de 8,4°C le 11 mai 1984 battu). Il s’agit de la 5eme valeurs la plus basse pour un après-midi de mai depuis 1873 à Paris. 

Le 12 mai, la fraîcheur persiste sur toute la moitié nord avec des maximales restant parfois inférieures à 10°C, voire 7/8°C du côté de la Champagne et des Ardennes. C’est à Guéret qu’il fait le plus frais avec pas plus de 5.4°C au meilleur de la journée ! Le lendemain, avec le retour d’un ciel plus clair, des gelées sont observées dans l’intérieur de la Bretagne avec jusqu’à -3,6°C à Guiscriff (56), -2,9°C à Louargat (22), -2,1°C à Pleucadeuc (56), -1,7°C à Quintenic (22) et -1°C à Pontivy (56). 

 

 

1995 : de la neige à très basse altitude ! 

 

Alors que la première décade de mai 1995 s’était montrée particulièrement estivale avec la survenue de la première vague de chaleur de la saison entre le 3 et le 8, une brusque descente d’air froid envahissait la France à partir du 13 mai. Sous cette masse d’air froide et humide, des chutes de neige sont d’ailleurs observées pour ce dernier jour des Saints de glace du côté du Morvan où on relève parfois plusieurs centimètres au sol ! 

 

Neige exceptionnellement tardive sur le Morvan, le 13 mai 1995 – Archives Météo-Villes 

 

Ce froid persistera jusqu’au 15 mai avec des gelées observées les matins des 14 et 15 sur la moitié nord et l’Auvergne, généralement comprises entre 0 et -2°C. 

 

 

1955 : un froid tardif et durable 

 

Alors que le mois d’avril s’était montré majoritairement anticyclonique avec même de la chaleur à la fin du mois, la tendance s’inverse en mai 1955. À partir du 12 mai, une masse d’air froid envahit la France et y persiste durant 11 jours. Du 12 au 23 mai, les gelées sont ainsi quasi quotidiennes sur le pays, affectant de nombreux secteurs de l’économie sensibles à ce froid tardif. Le 18 mai 1955, de la neige est même signalée en Angleterre. Le 21 mai 1955, les flocons atteignent la Normandie et les 22 et 23 mai 1955, la température descend à -2° à Nancy, -1° à Lille, Rouen et Alençon, 0° à Chartres et Rennes. Ces gelées provoquent des dégâts considérables dans la Sarthe.

 

 

1953 : froid tardif et dommageable

 

Du 8 au 13 mai 1953, de fortes gelées causent des dégâts considérables dans les vignobles du nord-est et du Beaujolais. Le 11 mai, on mesure des températures de -6 à -7°C dans la plaine du Forez (près de Roanne) et -4°C à Nancy ainsi qu’à Nevers. Ce sont probablement les températures les plus basses enregistrées pour les Saints de Glace en France (et en plaine) depuis de nombreuses années. 

Gelées tardives du 12 mai 1953

 

 

1935 : une vague de froid en plein mois de mai ! 

Du 14 au 20 mai 1935, une véritable vague de froid, l’une des plus importantes jamais observée en cette période, concerne la France alors que nous approchons à grands pas de l’été météorologique. Durant quasiment une semaine, des gelées destructrices et des chutes de neige ont lieu sur de nombreuses régions, concernant notamment le nord-ouest de la France. Le 18 mai par exemple, il tombe 3 cm de neige à Paris et 20 cm en Normandie où de nombreux vergers subissent de gros dégâts.

 

 

À lire également :

>>> Fraîcheur exceptionnelle : vers des records cette semaine ?

>>> Mai va-t-il rester pluvieux et frais jusqu’à la fin ?

>>> Incroyable mais vrai : il a neigé en Touraine le 7 mai !

>>> Notre bulletin météo réactualisé quotidiennement

>>> Notre compte Twitter très suivi et référence dans tous les médias !

 

Auteur : Tristan Bergen

Laisser un commentaire

Retour en haut