Republié via Innoreader Lire la Suite
Sur le théâtre d’opérations, l’offensive entamée il y a quelques jours se poursuit dans le cadre de l’exercice ORION26. Face à la force adverse (FORAD) qui incarne les troupes ennemies de Mercure, le dispositif dit ami est mis à l’épreuve dans des conditions délibérément contraignantes. C’est dans ce contexte opérationnel exigeant que les manœuvres de franchissement prennent tout leur sens : pour poursuivre l’offensive, il faut d’abord franchir l’obstacle.

L’action combinée des armes, garante de l’intégrité du point de passage
Tandis que le régiment d’infanterie repousse l’ennemi au sud pour figer la position, les sapeurs s’emparent des berges pour préparer le passage. Cette action coordonnée permet de créer une véritable bulle de sécurité autour du point de passage, où la mise en commun des expertises devient le rempart contre l’adversaire. Plus d’une centaine de militaires s’activent pour assurer la fluidité de la circulation, la défense Nucléaire-Radiologique-Biologique-Chimique (NRBC) et la neutralisation des menaces sol-air par les unités dédiées. Sans cette protection globale et interarmes, le franchissement devient une manœuvre vulnérable.

L’infiltration subaquatique, éclaireur de l’ombre
Au lac d’Amance, la mission de reconnaissance a été confiée à deux équipes de plongeurs de combat : un fuseau Est français et un fuseau Ouest belge. Le 3e régiment du Génie (3e RG) capitalise ici sur une interopérabilité historique avec ses voisins belges, utilisant des procédures communes pour gagner en efficacité dans le milieu subaquatique. Après 5 km d’infiltration sous la surface, un message satellitaire est envoyé à la brigade pour valider la faisabilité technique. Leur retour conditionne ainsi l’engagement de l’ensemble du dispositif.
Le Capitaine Julien, référent plongeurs de combat au 3e RG, souligne la nécessité de cette confrontation permanente avec le réel : « L’eau est aujourd’hui l’un des vecteurs d’infiltration les plus discrets de la guerre moderne (…) ; aucun drone ne peut détecter un plongeur opérant en circuit fermé sous la surface, ce qui en fait une méthode d’une efficacité redoutable ». Ce constat lucide rappelle que seule l’épreuve du terrain permet de vérifier l’efficacité réelle de ces modes d’infiltration subaquatiques face à un adversaire de haute intensité. Une fois le point validé, la logistique de combat s’enclenche, imposant l’emploi de l’Engin de Franchissement de l’Avant (EFA) et son pont de 40 mètres pour franchir la coupure humide.

Le franchissement rapide : l’agilité face à la menace
Au lac d’Orient, le défi change de nature et impose une réponse différente. La coupure sèche à franchir nécessite l’utilisation du Système de Pose Rapide de Travures (SPRAT). Lors d’une manœuvre dans la nuit du 22 avril 2026, le 13e régiment du Génie (13e RG) a déployé une travure de 24 mètres en seulement 15 minutes. Cette exécution rapide constitue un atout face aux menaces contemporaines : moins on s’expose, plus on dure. Ce savoir-faire technique a permis le passage fluide de 120 véhicules français et italiens, protégés par les fantassins du 35e régiment d’Infanterie (35e RI) et guidés par les unités de circulation du 516e régiment du Train (516e RT).
Au-delà de la prouesse technique de l’EFA ou du SPRAT, c’est cette fluidité interarmes et interarmées qui garantit la continuité de l’offensive de haute intensité.

