le 4 février 2026 à 10:16 PM L’épisode de pluies verglaçantes de la mi-février 1978

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Un bras de fer avec l’air glacial venu du nord

 

La mi-février 1978 marque une période météorologique hors du commun. Pendant plus d’une semaine, un affrontement persistant s’installe entre de l’air froid venu d’Europe du Nord et de l’air beaucoup plus doux en provenance du sud. De la Normandie au Nord-Est, cette zone de conflit devient le théâtre de plusieurs épisodes spectaculaires de neige et de pluies verglaçantes.

L’épisode débute le dimanche 12 février et se prolonge dans la nuit du 12 au 13. Les chutes de neige sont abondantes : près de 20 centimètres à Chartres, entre 10 et 15 centimètres à Paris. Les conséquences ne tardent pas à se faire sentir. À Paris, un incident inédit survient dans le métro : vers 23 heures, une rame circulant sur la voie aérienne entre Austerlitz et Saint-Marcel s’immobilise à la suite d’un court-circuit. Plusieurs dizaines de passagers doivent être évacuées à l’aide d’échelles déployées par les pompiers. C’est la première fois qu’un tel événement se produit depuis la création du métro en 1900. Dans le même temps, la circulation routière devient extrêmement difficile dans toute la capitale, y compris dans les quartiers centraux et sur les Champs-Élysées, une situation exceptionnelle.

 

Le conflit de masse d’air devient caricatural entre la Normandie, l’IDF et l’Alsace dans la matinée du 18 février 1978

 

 

La pluie verglaçante s’ajoute à la neige 

 

Au cours des jours suivants, les mêmes régions sont de nouveau touchées à quatre reprises par des chutes de neige et des pluies verglaçantes. Dans l’Eure, la Seine-Maritime, les Yvelines, l’Essonne et la Seine-et-Marne, l’accumulation de glace atteint localement 3 à 6 centimètres. Sous son poids, des arbres et des pylônes électriques s’effondrent, provoquant d’importantes coupures de téléphone et d’électricité. Un tiers de l’Eure et près de la moitié des Yvelines se retrouvent privés de chauffage, d’électricité et parfois même d’eau. Une rupture de caténaire paralyse pendant toute une journée le trafic de la ligne SNCF Paris-Montparnasse – Versailles-Chantiers.

En Seine-Maritime, la situation devient critique. Par endroits, la neige dépasse un mètre de hauteur, bloquant plus de 300 véhicules en pleine nuit et isolant plusieurs hameaux aux abords de Fécamp sous d’épaisses congères. Un carambolage spectaculaire se produit également sur l’autoroute de Normandie.

 

L’épaisse couche de pluie verglaçante aux Clayes-sous-Bois (Yvelines), le 19 février 1978 – photo Meteo-villes.com

 

 

La neige gagne les régions du Sud

 

Les intempéries gagnent alors une grande partie du pays : près de cinquante départements sont touchés, tandis que des milliers de vacanciers prennent la route des stations de sports d’hiver. Les accidents se multiplient, de nombreuses routes sont coupées, dont la célèbre route Napoléon, reliant Grenoble à Cannes, ensevelie par trois avalanches entre La Mure et Gap. L’autoroute A7 frôle une catastrophe comparable à celle de décembre 1970, mais l’expérience acquise permet d’éviter le pire.

À la fin du mois de février, l’ampleur des dégâts causés par cet épisode exceptionnel de neige et de glace conduit Michel d’Ornano, ministre de la Culture et de l’Environnement, à demander au gouvernement de classer certaines zones de Normandie et d’Île-de-France en « zones sinistrées ».

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, New York et sa région sont paralysées par un blizzard historique qui fait près d’une centaine de victimes.

 

Fin février 1978, la neige gagne Marseille et sa région – Meteo-villes.com

 

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Auteur : Guillaume Séchet 

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