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Le Calvados se trouve dans l’axe de la zone de pluies verglaçantes de janvier 1982 – on mesure jusqu’à 5cm – archives meteo-paris.com (photo légèrement restaurée)
Si l’épisode hivernal récent a occasionné des perturbations de circulation sur une grande partie du territoire français, il est loin d’égaler l’ampleur de la tempête de verglas de janvier 1982, qui a frappé une vaste région s’étendant de la Normandie à l’Île-de-France et à la Bourgogne. La pluie verglaçante étant considérée comme le phénomène le plus dangereux pour la circulation.
Du 6 au 15 janvier 1982, une vague de froid exceptionnelle frappe le nord et l’est du pays, rappelant par son intensité l’épisode de février 1978.
Dès le 6 janvier, un froid sec s’installe sur toute la moitié nord de la France. Le lendemain, une perturbation neigeuse aborde la Bretagne, avant de gagner rapidement les Pays de la Loire. Le 8 janvier, la neige s’étend à l’Île-de-France puis à l’ensemble des régions situées au nord de la Seine.
Placée à la frontière entre l’air glacial et des masses d’air plus douces, Paris connaît un bref redoux le samedi 9 janvier. Mais dès la soirée, le thermomètre rechute brutalement : la pluie se transforme en verglas, paralysant la circulation. Le dimanche 10 janvier au matin, la neige fait son retour avant de céder à nouveau la place aux pluies verglaçantes.

La situation devient critique le 11 janvier. Une épaisse couche de glace recouvre notamment le Calvados, l’Eure, le nord de l’Eure-et-Loir, les Yvelines et l’Essonne. Sous le poids du givre, arbres et lignes électriques cèdent. Près de 500 000 foyers se retrouvent privés d’électricité, parfois pendant plusieurs jours.
À partir du 12 janvier, le froid s’assèche de nouveau et gagne en intensité. Les températures plongent à des niveaux remarquables : -19 °C à Lille, -18 °C à Strasbourg, -16 °C à Reims, -13 °C à Beauvais, -11 °C à Rouen et -10 °C à Paris. La neige persistante complique par ailleurs la situation hydrologique : dans le nord du pays, la décrue se fait attendre et les inondations restent une préoccupation majeure.
Le contraste thermique devient saisissant le 16 janvier 1982. Alors que la température peine à dépasser -6 °C à Strasbourg, des conditions quasi printanières s’installent plus à l’ouest, avec 17 °C relevés à Tours et à Orléans, soit un écart spectaculaire de 23 degrés entre l’Alsace et le Centre de la France.

