Republié via Innoreader Lire la Suite
Après avoir rejoint le Pacifique, les Aviateurs de la mission Pégase 26 ont poursuivi leur déploiement au Japon, du 14 au 20 septembre. Cette étape a permis aux équipages français de renforcer leur coopération avec la Force aérienne d’autodéfense japonaise (JASDF), à travers plusieurs entraînements associant notamment Rafale, F-2 et A330 MRTT. Au-delà de la projection des forces, ces activités ont offert l’occasion de mieux se connaître et de confronter leurs pratiques opérationnelles.

Pour la troisième fois, PÉGASE fait escale au Japon. « Cette étape est centrale. Elle est l’aboutissement naturel d’une nouvelle route stratégique par le Grand Nord que nos équipages viennent d’expérimenter. » explique le général Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace. Une présence qui témoigne, face aux défis communs, d’une même ambition portée par les deux nations : promouvoir un Indopacifique libre, ouvert et où prévaut le droit international. « Nos deux armées de l’air et de l’Espace rencontrent les mêmes défis, en particulier dans les domaines de La Défense aérienne, de la projection des forces, de l’Espace et du Cyber ».
Face à ces enjeux, les occasions de conduire des activités conjointes sont précieuses. Les entraînements menés au Japon ont ainsi offert aux Aviateurs français et japonais l’occasion de mieux se connaître, de partager leurs pratiques et d’enrichir leur expérience au contact de l’autre. « Nous avons très rarement l’occasion d’évoluer avec eux et leurs avions, témoigne le lieutenant-colonel Mathilde, chef du détachement Rafale. Le F-2, même s’il ressemble fortement au F-16, est un appareil que nous ne rencontrons jamais en Europe ni dans les exercices OTAN. Voler ici nous permet de d’appréhender un nouvel environnement et d’acquérir les repères nécessaires pour travailler avec nos partenaires. »
Ces échanges se sont concrétisés lors d’entraînements au ravitaillement en vol entre les F-2 japonais et un A330 MRTT Phénix français. Les équipages japonais ont réalisé des « dry contacts », sans transfert de carburant, afin de travailler successivement la phase d’approche, la stabilisation puis la prise de contact avec le MRTT. « Le F-2 est plus petit que le F-22 (ravitaillé lors de l’étape en Alaska*) et moins stable. Il faut aussi prêter attention aux antennes présentes sur le fuselage », explique le major Cyril, opérateur de ravitaillement en vol (ARO).

L’esprit pionnier en partage
Revêtant un caractère hautement symbolique, cet échangé a aussi illustré l’amitié franco-japonaise de longue date, scellée par une tradition aéronautique commune.
À Tokorozawa, berceau de l’aviation civile et militaire japonaise, une délégation française s’est recueillie devant la statue du colonel Fauré. C’est ici qu’en 1911, Tokugawa, premier pilote japonais breveté en France et premier Japonais à voler au Japon, s’est posé aux commandes d’un avion Farman. Quelques années plus tard, en 1919, la mission française du colonel Fauré se rendait à son tour à Tokorozawa pour contribuer à la création et à la structuration de l’aviation militaire japonaise.
À Tokyo, au cimetière Yanaka, un hommage a également été rendu au baron Shigeno. Premier Japonais breveté pilote en France, il choisit de servir dans l’aviation militaire française pendant la Première Guerre mondiale, au sein de l’escadrille des Cigognes, avant de contribuer au développement de l’aviation dans son pays natal.



