le 23 septembre 2026 à 10:12 PM L’ex-tempête tropicale Fay pourrait revenir vers l’Europe : la France sera-t-elle concernée ?

Republié via Innoreader Lire la Suite

 

L’ex-tempête tropicale Fay pourrait provoquer une violente tempête près de l’Europe : quelles conséquences en France ?

 

Une évolution particulièrement spectaculaire se dessine sur l’Atlantique pour la semaine prochaine. Les restes de l’ancienne tempête tropicale Fay pourraient effectuer un véritable demi-tour avant d’être repris par le puissant courant d’ouest et de connaître un creusement extrêmement rapide à proximité des îles Britanniques. Certaines simulations du modèle européen ECMWF envisagent alors une dépression proche de 950 hPa, accompagnée de vents potentiellement très violents sur l’océan et une partie des îles Britanniques.

La France ne serait, dans le scénario actuellement privilégié par ECMWF, pas directement frappée par le cœur de cette tempête. Mais cela ne signifie pas qu’elle resterait sans conséquence. Sa présence sur l’Atlantique pourrait d’abord aspirer de l’air exceptionnellement doux ou chaud vers notre pays, avant éventuellement de favoriser une dégradation pluvieuse et venteuse.

Et à près d’une semaine d’échéance, la trajectoire exacte demeure évidemment très incertaine.

 

 

Fay reprend actuellement de la vigueur au milieu de l’Atlantique

 

Fay avait perdu son statut de cyclone tropical mardi 22 septembre. À ce moment-là, le National Hurricane Center américain situait ses restes à environ 1 100 km au sud-ouest des Açores, avec des vents soutenus d’environ 55 km/h et une pression proche de 1011 hPa.

Mais l’histoire de Fay n’est peut-être pas terminée. Ce mercredi 23 septembre, l’activité orageuse s’est de nouveau renforcée autour de son centre. Le NHC estime désormais à 70 % la probabilité d’une régénération en dépression tropicale dans les prochaines 48 heures, même si les conditions deviendront ensuite beaucoup moins favorables en altitude. Le système doit, dans un premier temps, continuer sa progression vers l’ouest.

C’est précisément cette trajectoire inhabituelle qui rend la suite particulièrement intéressante.

 

Les restes de Fay se situent actuellement au sud-ouest des Açores. Le NHC estime à 70 % la probabilité d’une nouvelle organisation tropicale à très court terme – NHC, mercredi 23 septembre 2026.

 

 

Un demi-tour spectaculaire avant un creusement explosif ?

 

Après avoir poursuivi sa route vers l’ouest jusqu’au week-end, Fay pourrait ensuite incurver brutalement sa trajectoire vers le nord-est. Les simulations ECMWF montrent le système retrouvant progressivement la circulation générale de l’Atlantique Nord entre dimanche et lundi.

C’est à partir de ce moment que le phénomène changerait complètement de nature. En rencontrant un environnement beaucoup plus barocline ainsi qu’un puissant courant-jet, l’ancien cyclone tropical pourrait être transformé en dépression extratropicale, tout en se creusant à une vitesse spectaculaire.

Dans le scénario ECMWF de ce mercredi, la pression descendrait aux environs de 985 hPa lundi, puis aux alentours de 950 à 955 hPa mardi 29 septembre sur l’Atlantique, à l’ouest de l’Irlande.

Une telle évolution correspondrait à une cyclogenèse extrêmement rapide. Il faut néanmoins bien comprendre que ce ne serait plus véritablement « Fay » sous sa forme tropicale : l’ancienne tempête fournirait le système initial, mais l’intensification ultérieure serait essentiellement alimentée par les mécanismes des latitudes tempérées et par l’interaction avec le courant-jet.

 

Selon le scénario ECMWF de mercredi midi, les restes de Fay pourraient repartir vers le nord-est puis connaître un creusement très rapide en approchant de l’Europe – Météo-Villes.

 

 

Une tempête potentiellement exceptionnelle près des îles Britanniques

 

C’est surtout l’intensité des vents simulés qui attire l’attention. Les cartes ECMWF font apparaître une zone de vents extrêmement violents sur l’Atlantique, puis à proximité immédiate de l’Irlande et de l’ouest des îles Britanniques.

Les simulations de rafales maximales accumulées montrent localement des valeurs supérieures à 150 km/h sur l’océan, avec un risque de très fortes rafales sur l’Irlande et certaines régions occidentales britanniques si cette trajectoire se confirmait.

Ces valeurs ne doivent toutefois pas être considérées comme une prévision définitive. Nous sommes encore à près d’une semaine de l’événement et la position du minimum dépressionnaire pourrait varier de plusieurs centaines de kilomètres. Un déplacement vers l’ouest réduirait fortement l’impact sur les terres britanniques ; un décalage vers l’est pourrait au contraire aggraver la situation.

 

Les simulations ECMWF suggèrent un épisode de vent potentiellement remarquable autour de l’Irlande et de l’ouest des îles Britanniques vers le 30 septembre. À cette échéance, l’intensité exacte et la trajectoire restent encore très incertaines.

 

 

Et en France ? D’abord une forte remontée chaude

 

Pour la France, le scénario est beaucoup moins inquiétant en termes de vent. Le cœur de la dépression resterait très éloigné de nos côtes, entre l’Atlantique Nord et les îles Britanniques.

Mais cette tempête pourrait avoir une conséquence indirecte spectaculaire. En se creusant à l’ouest de l’Europe tandis que les hautes pressions résisteraient sur le continent, elle générerait un très puissant courant de sud à sud-ouest.

De l’air particulièrement chaud pourrait alors remonter d’Espagne vers la France autour de mardi 29 et mercredi 30 septembre. Cette configuration pourrait maintenir des températures remarquablement élevées pour une toute fin septembre, voire repousser encore un peu plus loin le véritable basculement automnal.

C’est probablement l’impact français le plus solide à mettre en avant actuellement : paradoxalement, cette violente tempête située près des îles Britanniques pourrait commencer par renforcer la chaleur en France.

 

 

Puis pluie et vent pourraient-ils gagner la France ?

 

La suite est beaucoup plus incertaine.

Si la dépression remonte rapidement vers l’Islande ou la mer de Norvège, la France pourrait rester assez largement à l’écart de ses vents les plus forts, avec simplement le passage d’un front et le retour de pluies sur une partie du pays.

En revanche, si le système se rapproche davantage des îles Britanniques ou ralentit, son influence pourrait devenir nettement plus sensible sur le nord-ouest de la France : renforcement du vent, passage pluvieux plus marqué et basculement vers une masse d’air océanique plus fraîche.

C’est également là que cet épisode rejoint la tendance évoquée depuis quelques jours : après plusieurs semaines dominées par les hautes pressions, l’Atlantique semble vouloir redevenir beaucoup plus actif à l’approche du mois d’octobre.

Mais un point reste essentiel : aucun scénario de tempête sur la France n’est aujourd’hui établi. L’événement majeur envisagé par ECMWF concernerait avant tout l’Atlantique et les îles Britanniques. La France serait surtout exposée aux conséquences indirectes de cette énorme mécanique atmosphérique.

 

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Auteur : Guillaume Séchet >>>

 

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