Republié via Innoreader Lire la Suite
Prévision des températures maximales pour le 4 septembre 2023 : les 35°C étaient largement dépassés dans l’Ouest, avec des pointes proches de 38°C entre l’Aquitaine et le Centre-Ouest.
38°C début septembre : une canicule reste possible
Après un été 2026 en passe de devenir le plus chaud jamais mesuré en France, la chaleur pourrait-elle encore revenir en force au mois de septembre ? Cet été constitue un événement climatique majeur, directement inscrit dans le contexte du réchauffement climatique et de son accélération, même si les vagues de chaleur ont toujours existé et que certaines furent déjà remarquables bien avant notre époque.
Le mois de septembre ne marque d’ailleurs pas une rupture brutale. Les masses d’air très chaudes peuvent encore remonter vers la France durant la première quinzaine du mois et provoquer des températures dignes du cœur de l’été.
Septembre 2023 : une canicule historique
Le précédent le plus marquant reste septembre 2023. Entre le 4 et le 10 septembre 2023, une vague de chaleur exceptionnelle avait concerné une grande partie de la France. Les 35°C avaient été dépassés jusque dans le nord et l’ouest du pays, tandis que certaines régions avaient approché les 40°C.
La situation avait été suffisamment remarquable pour que Météo-France place 14 départements en vigilance orange canicule, une première au mois de septembre depuis la création de ce dispositif.
Cette séquence avait également battu de nombreux records mensuels. Elle rappelle qu’une véritable canicule peut encore se produire après la rentrée lorsque la circulation atmosphérique favorise une remontée durable d’air très chaud.

Début septembre 2023, la France avait connu une anomalie thermique remarquable, avec jusqu’à 6 à 8°C au-dessus des normales et plus de dix jours consécutifs à plus de 30°C à Paris.
Plus de 40°C déjà observés en septembre
Un an auparavant, le 12 septembre 2022, les températures avaient même franchi le seuil symbolique des 40°C dans le Sud-Ouest. 40,7°C avaient été mesurés à Bégaar dans les Landes, au cours d’une remontée d’air saharien particulièrement intense.
Ces épisodes ne sont d’ailleurs pas totalement nouveaux. Plusieurs vagues de chaleur remarquables ont déjà concerné la France en septembre au cours des XIXe et XXe siècles. Septembre 1895 reste notamment célèbre pour sa chaleur persistante. Il est d’ailleurs l’un des plus chauds et des plus secs jamais observés en France. Entre le 2 et le 9, les températures atteignent 37°C à Auxerre, 36°C à Rennes et Limoges, 36,2°C à Paris-Montsouris et 31°C à Brest. La sécheresse est exceptionnelle : aucune pluie à Paris du 14 août au 1er octobre, et à Toulouse du 8 août au 29 septembre. On relève même plus de 30°C à Paris dans les derniers jours du mois de septembre.
Et pour les prochains jours ?
Les prévisions pour la semaine prochaine et le début du mois de septembre restent très changeantes. Plusieurs remontées d’air chaud sont envisagées, mais elles apparaissent pour le moment trop brèves et trop limitées pour laisser entrevoir une véritable vague de chaleur durable ou le déclenchement d’une vigilance orange canicule à grande échelle.
C’est surtout à partir de la deuxième semaine de septembre que la situation pourrait devenir plus intéressante à surveiller. À cette échéance, certains scénarios envisagent une remontée plus franche de l’air chaud vers la France. Mais la prudence reste indispensable : nous sommes encore loin de l’échéance et les projections évolueront probablement à plusieurs reprises d’ici là.
Néanmoins, les tendances actuellement disponibles maintiennent des températures supérieures aux normales sur la France, notamment durant les semaines du 7 au 13 puis du 14 au 20 septembre.
Dans ce contexte, une nouvelle poussée de chaleur reste tout à fait envisageable durant la première moitié du mois. Si une configuration atmosphérique favorable se met en place, avec une remontée durable d’air très chaud depuis la péninsule Ibérique ou l’Afrique du Nord, des pointes comprises entre 35 et 38°C ne peuvent pas être exclues, principalement dans le sud et le sud-ouest du pays.
À ce stade, il ne s’agit donc pas d’annoncer une nouvelle canicule, mais plutôt de souligner que l’été pourrait encore tenter une offensive tardive, alors même que le calendrier nous conduira déjà vers la première moitié du mois de septembre.

Les tendances saisonnières envisagent des températures supérieures aux normales sur la France durant les semaines du 7 au 13 puis du 14 au 20 septembre 2026.
Après la mi-septembre, le risque diminue fortement
Plus septembre avance, plus une véritable canicule devient toutefois difficile. Les journées raccourcissent rapidement, le soleil est moins haut dans le ciel et les nuits deviennent plus longues, ce qui favorise davantage le refroidissement nocturne.
C’est un point important : 35°C en septembre n’ont pas exactement les mêmes conséquences que 35°C fin juin ou en juillet. À température maximale identique, la durée d’exposition à une forte chaleur est généralement plus courte et les températures nocturnes ont davantage de chances de redescendre.
Des fortes chaleurs restent donc possibles tardivement dans la saison, mais une canicule durable devient beaucoup plus improbable après la mi-septembre. La première quinzaine du mois reste en revanche une période à surveiller attentivement après cet été 2026 exceptionnel.
Auteur : Guillaume Séchet

