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[Défilé du 14 juillet 2026] « Une prise en charge extraordinaire » : dans les coulisses d’une opération de médecine embarquée
lucia.maitreau
mer 08/07/2026 – 11:59
Isolement, urgence, blessures de guerre… Le médecin principal Alexandra et l’infirmière-major Léa, toutes deux rattachées à la Force d’action navale, ont pris part à l’automne 2025 à une mission hors-du-commun : la prise en charge d’un blessé de guerre, au large de l’océan Indien. À l’occasion du 14 juillet, les deux soignantes militaires partagent les coulisses d’une mission qui incarne l’essence de la médecine embarquée.
Rédaction : Emmanuelle Ndoudi
« Dans ce type de mission, rien ne se passe comme prévu ». Un jour de septembre 2025, le Languedoc poursuivait tranquillement le cours de sa mission dans les eaux de l’océan Indien, quand une annonce a fait réagir l’équipage et particulièrement, l’équipe de soignants militaires à bord. « Nous nous sommes retrouvés à proximité d’un bateau civil touché par un missile, victime d’une attaque houthis », se remémore le médecin principal (MP) Alexandra.
Médecin embarquée depuis 7 ans, la MP Alexandra cumule plusieurs expériences d’urgence en mer, de la Méditerranée à l’océan Atlantique en passant par l’océan Indien. Malgré son expérience avérée et l’entourage d’une équipe formée, cette opération s’annonçait pointue et exigeante. « Peu après l’information, notre hélicoptère a été envoyé en amont pour évaluer la situation, se souvient-elle, ils se sont aperçus que le bateau était en feu ». Les conséquences de l’attaque sont sévères : une dizaine de blessés potentiels sont évalués, dont deux formellement identifiés. Parmi eux, un véritable blessé de guerre.
« Il présentait des brûlures et des polytraumatismes. L’hélicoptère nous l’a ramené à bord et notre prise en charge a démarré. »
Une opération hors-du-commun
Pour l’accompagner dans cette opération délicate, la MP Alexandra – leader de l’opération – est entourée de l’infirmière-major Léa et de brancardiers. Dès son arrivée, la prise en charge du blessé a nécessité une synchronisation parfaite entre les impératifs médicaux et le facteur temps.
« C’est une prise en charge extraordinaire : c’est à ce moment-là où nous devons dérouler tout ce que nous avons appris », confirme l’infirmière en soins généraux de 1er grade (ISG1G) Léa. Ce protocole porte un nom : le SAFE MARCHE RYAN, un acronyme désignant les gestes de sauvetage au combat à réaliser, pour préserver les chances de survie du blessé. « Il faut assurer un abord vasculaire, puis réfléchir aux médicaments à injecter à la victime », synthétise-t-elle.
De son côté, le médecin principal se devait de penser aux moyens d’évacuation. L’infirmerie embarquée, en effet, peut assurer les premiers soins et les gestes pour maintenir en vie le blessé grave. Mais l’urgence était aussi de l’évacuer vers un hôpital pouvant assurer la suite de sa prise en charge. « L’isolement géographique est une contrainte qui nous pousse à réfléchir rapidement à un lieu de repli, proche et sécuritaire, détaille le leader de l’équipe médicale.
Dans ce contexte embarqué, les bonnes relations avec le commandement de la Marine sont vitales. « Après un échange avec le commandant du bâtiment, nous avons convenu de transporter via hélicoptère le blessé vers Djibouti », rapporte-t-elle.
« C’est une prise en charge extraordinaire : c’est à ce moment-là où nous devons dérouler tout ce que nous avons appris. »
La richesse du socle de connaissances
Après une heure et demi de prise en charge à bord, l’équipe médical a obtenu l’autorisation du transfert du patient vers un hôpital djiboutien. Dès lors, la deuxième partie de l’opération a démarré : la prise en charge en hélicoptère. « Il fallait préparer le matériel d’évacuation, préparer les médicaments, et une fois à l’intérieur, se réapproprier l’environnement car on ne soigne pas de la même façon dans un bateau que dans un hélicoptère », résume l’infirmière-major.
Le transfert puis la relève de la prise en charge du blessé par les équipes djiboutiennes ont sonné la fin de l’opération médico-militaire. Une mission extraordinaire d’où le médecin comme l’infirmière ont su puiser d’importantes ressources pour leurs futures missions.
« Grâce à cet événement, j’ai compris l’importance de notre socle de formation spécifique, en milieu embarqué, salue l’ISG1G Léa. J’ai pu m’y référer et constater que ce mécanisme est un réel appui particulièrement en situations stressantes ».
Même son de cloche pour le MP Alexandra. « Avec ce vivier de connaissances, nous arrivons à dépasser l’obstacle de l’isolement avancé propre à la médecine embarquée, et l’opération se déroule bien, y compris dans le cas d’un blessé grave », appuie-t-elle. Plus encore, l’isolement n’est plus uniquement une contrainte : « il participe à la richesse des relations humaines à bord, entre soignants militaires et marins ».
Prise en charge d’un blessé : mission qui incarne l’essence de la médecine embarquée. – © ECPAD
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