Republié via Innoreader Lire la Suite
Cyclone, isolement, afflux de blessés… plusieurs nations du Pacifique et leurs partenaires se sont réunis lors de l’exercice MARARA 26 afin de renforcer leur capacité d’intervention face aux catastrophes naturelles. En parallèle, porté par la Direction interarmées du Service de santé des armées en Polynésie française, un séminaire médical international a été organisé et visait à harmoniser les doctrines médicales et tester l’interopérabilité des forces dans un contexte d’isolement géographique.

Face à l’aggravation des crises climatiques dans l’océan Pacifique, la coordination internationale est devenue une nécessité opérationnelle. C’est dans cette optique que s’est tenu l’exercice Marara 26, réunissant plusieurs pays de la zone ainsi que leurs partenaires stratégiques. L’objectif : affiner les procédures de gestion des catastrophes naturelles (HADR) et préparer les réponses humanitaires aux populations vulnérables.
Lors de cette édition, la Direction interarmées du Service de santé des armées en Polynésie française (DIASS-FAPF) a assumé le pilotage du deuxième séminaire médical international associé à la manœuvre. Se déroulant du 4 au 12 juin 2026, cet événement visait à créer un cadre d’échange théorique et pratique afin d’unifier les doctrines médicales multinationales pour être prêt à donner une réponse multinationale et une assistance humanitaire aux populations victimes.
L’infirmier en soins de 2e grade (ISG2G) Wilfried, adjoint au bureau d’appui médical et co-organisateur, revient sur les contours et les enjeux de ce rendez-vous médico-militaire.
ISG2G Wilfried – Dans la zone Pacifique, la survenue d’événements climatiques majeurs, tels que des cyclones ou des tempêtes, et leurs conséquences sur les populations ont été identifiés comme des risques sanitaires majeurs. C’est ce qu’on appelle le « humanitarian assistance and disaster relief (HADR) (ndlr, les opérations d’assistance humanitaire et de secours, en cas de catastrophe). À côté de ce risque, les acteurs de la zone doivent gérer l’isolement géographique. Dans un territoire aussi vaste, le ravitaillement, l’évacuation des blessés et l’acheminement des ressources représentent une difficulté majeure en raison des milliers de kilomètres qui séparent certaines îles.
Face à ce constat, forces armées et soignants militaires de la zone s’entraînent annuellement, via des exercices tels que « Croix du Sud » et « Marara », à donner une réponse coordonnée et multinationale aux besoins des populations. Le séminaire médical s’intègre justement dans cette dynamique. Il y a deux ans, lors de la précédente édition de l’exercice « Marara », nous avons été sollicités pour animer un séminaire contenant des vignettes théoriques et pratiques pour partager et harmoniser les échanges. Face au succès de la première édition et aux retours positifs de nos partenaires, nous avons poursuivi l’expérience cette année.

ISG2G Wilfried – Les trois premiers jours ont été consacrés à des cours théoriques, avec des présentations et un concours de posters. Ce premier temps de rencontre nous a permis d’échanger sur les pratiques respectives et les retours d’expérience. Nous avons ensuite vécu trois autres journées d’exercices en conditions réelles. Sur cette phase-là, la composante aéroportée a eu un rôle conséquence : grâce à elle, nous avons pu réaliser des évacuations de blessés rapides, d’acheminer du matériel ou de transporter des personnels. Le séminaire s’est achevé par une matinée de débriefing. Un temps qui nous a permis d’exprimer les attentes, d’avoir un regard sur l’atteinte des objectifs et d’effectuer les remises de prix pour le concours de posters.
ISG2G Wilfried – Cette année, à la demande de nos partenaires locaux tels que les Japonais, les Américains et les Canadiens, nous avons aussi créé une journée dédiée à la transfusion sanguine, lors de la partie théorique. Durant cette conférence spéciale, nous avons abordé tous les thèmes liés à ce sujet, tels que la collecte de sang en situation d’exception, le plasma lyophilisé ou la question des produits sanguins labiles. Pour l’occasion, le directeur adjoint du centre de transfusion sanguine des armées (CTSA), le médecin chef des services de classe normale Sébastien Banzet, a animé cette séquence et répondu aux interrogations des partenaires sur cette expertise opérationnelle unique du Service de santé des armées, qui suscite beaucoup d’intérêt.
D’autre part, la partie « LIVEX » a atteint son apogée avec l’exercice MASCAL (Massive casualties – afflux massif de blessés) conçu autour d’un scénario HADR (procédures de gestion des catastrophes naturelles). Dans cette mise en scène fictive, une vague importante de blessés a dû être évacuée par voie maritime, terrestre ou aéroportée. Un poste médical avancé a eu pour rôle de recevoir et de trier les blessés avant de préparer l’évacuation secondaire.

ISG2G Wilfried – Nous avons souhaité offrir à nos partenaires des mises en situation les plus réalistes possible, tant dans les scénarios que dans la simulation des blessures. L’objectif est de reproduire les conditions réelles d’une intervention : l’attente, l’incertitude, les imprévus ou encore les difficultés de compréhension. En travaillant ensemble dans cet environnement exigeant, nous cherchons à renforcer notre interopérabilité et à harmoniser nos procédures afin de mieux surmonter les obstacles rencontrés sur le terrain.
ISG2G Wilfried – L’organisation de ce séminaire a représenté un véritable défi pour l’équipe. Pendant plusieurs mois, nous avons travaillé à l’élaboration d’un programme conçu comme un espace d’échange, de découverte et de coopération avec nos partenaires du Pacifique. Cette année, l’ajout d’une conférence consacrée à la transfusion sanguine, à la demande de plusieurs nations alliées, témoigne de la reconnaissance de l’expertise du Service de santé des armées dans ce domaine.
